Qu’est-ce que le kendo?
Le KENDO (剣道) est la voie du sabre. Ken signifie le sabre (剣) et do veut dire la voie (道). C’est une forme d’escrime pour hommes et femmes de tous âges. Les pratiquants sont appelés kendoka (quelqu’un qui pratique le kendo) ou kenshi (sabreur).
Cette forme de combat oppose deux pratiquants revêtus d’une armure (BOGU) utilisant un sabre de bambou (SHINAI) représentant le sabre traditionnel Japonais (KATANA). Le but n’est pas de simplement toucher la cible, mais d’atteindre l’unité entre l’esprit (ki), le sabre (ken) et le corps (tai) : le ki ken tai no itchi (気剣体一致) pour qu’une frappe soit considérée comme valide.
À l’époque des samouraïs, les guerriers étaient entraînés à viser les points faibles de l’armure. Dans le kendo moderne, les cibles sont sur l’armure, pour des raisons évidentes de sécurité.
Les cibles sont appelées :
- Men : le haut du front sur le masque
- Tsuki : sur le protège-gorge du masque
- Kote : sur la section des gants qui protège les avant-bras
- Do : sur les flancs du plastron qui protège le corps

Les techniques martiales dangereuses comme les balayages et les prises au sol ont été éliminées, ce qui permet aux gens de pratiquer et de compétitionner entre eux sans catégories de poids. Contrairement à d’autres arts martiaux, les kendokas ne portent pas de ceintures pour montrer leur grade. Le système de grades a été mis en place en 1883. Les débutants passent leurs grades kyu pour ensuite continuer avec les grades dan, du 1er dan au 8e dan. Ces grades sont reconnus internationalement, en autant qu’ils aient été attribués par une fédération affiliée à la FIK, la fédération internationale de kendo.
Origines du kendo
Le KENDO est la version moderne du KENJUTSU qui regroupe les techniques de maniement du sabre issu des siècles passés, héritage des combats que se livraient les légendaires guerriers japonais : les SAMOURAÏS.
Suite à l’unification du Japon, le pays connut une période de paix et d’isolement, l’ère Edo (1600-1868), la capitale du shogunat Tokugawa, ancien nom de Tokyo. La caste des samouraïs devient partie intégrante de l’élite du pays. Les arts martiaux, la calligraphie, et la poésie faisaient partie intégrante de l’éducation des jeunes samouraïs. De guerriers, les samouraïs deviennent des administrateurs qui dirigent le Japon.
Les arts martiaux évoluent pour devenir un moyen de développer leur personnalité, pour qu’ils fassent preuve de caractère dans leurs fonctions. De jutsu (art, technique), les arts martiaux deviennent peu à peu des do, des voies martiales. Le sabre qui prend la vie (setsuninto, 殺人刀) devient le sabre qui donne la vie (katsujinken, 活人剣), qui la protège.
Au début du XVIIIe siècle, Naganuma Shirozaemon Kunisato, de l’école Jikishin Kage-ryu, popularisa une méthode d’entraînement au sabre de bambou (shinaï) avec un équipement de protection appelée uchikomi keiko-ho. Au milieu du XVIIIe siècle, Nakanishi Chuzo Tsugutake de l’école Itto-ryu améliora l’armure en créant un masque de fer (men) et une armure d’entraînement en bambou. L’équipement prend sa forme actuelle à la fin de l’ère Edo, au milieu du XIXe siècle.
Ce type de combat, que l’on appelait à l’époque gekken ou gekiken, incorporait des techniques de ju-jutsu qui pouvaient être utilisées durant un combat pour faire tomber ou immobiliser un adversaire. Le type de kendo pratiqué était plus martial que sportif. Il s’agissait de s’entraîner à la guerre, et non de pratiquer un sport de combat.

Bujutsu joran 武術上覧 (The Shogun Views a Demonstration of Martial Arts), Hashimoto Chikanobu 橋本周延, 1897; © The Trustees of the British Museum. Shared under a Creative Commons Attribution-NonCommercial-ShareAlike 4.0 International (CC BY-NC-SA 4.0) licence.
En 1876, la classe des samouraïs est dissoute, après deux siècles et demi de domination sur le Japon. Le port du sabre est interdit. Le kenjutsu et les arts martiaux se maintiennent dans les écoles d’arts martiaux et dans la police. À Kyoto en 1895, l’État japonais crée le Dai-Nippon Butokukai, un organisme voué à la préservation et diffusion des arts martiaux. Le Dai-Nippon Butokukai encadra la transformation du kenjutsu en kendo.
Les premiers katas de kendo (Dai-Nippon Teikoku Kendo Kata, aujourd’hui Nihon Kendo no Kata) sont créés en 1912 à partir de katas des principales écoles de kenjutsu de l’époque. C’est aussi la première utilisation officielle du mot kendo (剣道), la voie du sabre. Ken signifie le sabre (剣) et do veut dire la voie (道).

Les arts martiaux furent interdits après la défaite du Japon en 1945. Ils étaient pointés du doigt comme étant un instrument de militarisation de la population. C’est en 1952, à levée de l’interdiction des arts martiaux au Japon, que fut créée la Zennihon Kendō Renmei (全日本剣道連盟), aussi connue sous le nom de All Japan Kendo Federation à l’international.
Aujourd’hui, le kendo fait partie du système éducatif japonais, du primaire jusqu’à l’université, et est aussi pratiqué dans la police. Les policiers forment une part importante de l’élite du kendo japonais d’aujourd’hui. Même les grandes entreprises japonaises ont des dojos de kendo.
La International Kendo Federation (FIK) fut fondée en 1970 à Tokyo, année des premiers championnats mondiaux de kendo dans la même ville. Le kendo est aujourd’hui pratiqué partout dans le monde. Plus d’une soixantaine de pays et territoires sont affiliés à la fédération internationale. La communauté du kendo se développe et s’enrichit des échanges qui ont lieu dans les séminaires et tournois qui ont lieu partout à travers le monde.
Quelques mots sur les débuts du kendo au Québec
C’est en décembre 1973 à Montréal, au Centre Immaculée-Conception (aujourd’hui Centre Sablon), que l’un des premiers clubs de kendo au Québec voit le jour sous la direction de sensei Tamaichi Funamoto. Sensei Kiyoshi Ono s’est joint au club naissant en mars 1974. Certains des kendokas formés localement démarrèrent d’autres clubs, dont plusieurs sont encore actifs aujourd’hui. Sensei Ono fut le premier sensei de notre sensei, Richard Goulet, au début des années ‘80.

Questions fréquentes
Suis-je trop vieux pour débuter?
- Non
Est-ce que mon enfant peut faire du kendo?
- Les enfants de 7 à 13 ans peuvent commencer avec les jeunes de leur âge. Les jeunes de 13 ans peuvent décider de commencer avec les adultes, ou de rester avec les enfants.
Est-ce que les hommes et les femmes pratiquent ensemble?
- Tout à fait. Il n’y a pas de catégories de poids en kendo. En compétition, il y a des catégories mixtes, pour femmes, en individuel, par grades ou en équipe, selon la formule choisie par les organisateurs.
Est-ce qu’il y a des compétitions de kendo?
- La compétition offre une plateforme pour tester ses compétences et son niveau technique face à différents pratiquants. Elle permet aussi de mettre en œuvre physiquement et mentalement la recherche de la victoire dans un contexte intense et exigeant. La compétition n’est pas une fin en soi au kendo. Beaucoup de personnes pratiquent le kendo sans jamais participer à une compétition.
Est-ce qu’il faut acheter l’équipement tout de suite?
- Nous fournissons l’équipement de base. Quand il sera temps de mettre l’armure, vous devrez seulement acheter le tenugui, la serviette que nous mettons sous le masque (men). Ensuite, vous pourrez acheter l’équipement progressivement : uniforme, shinaï (sabre en bambou), bokken (sabre en bois), armure, etc.
Où acheter l’équipement?
- Nous passons des commandes de groupe pour économiser. Les instructeurs vous guideront dans vos achats. Il n’est pas facile de s’y retrouver au début, alors nous vous recommandons de vous adresser aux instructeurs avant d’acheter.
Est-ce dangereux?
- Le kendo est un art martial sécuritaire. Le but n’est pas de frapper fort, mais de marquer un point (ippon) en exécutant une frappe dans les règles de l’art. Les participants portent une armure adaptée au type de combat que nous pratiquons avec un shinaï, un sabre de bambou souple pesant environ 500g. Comme pour toute activité physique comportant des mouvements rapides et répétitifs, il ne faut pas ignorer les douleurs et laisser le corps récupérer.
Quand commence-t-on les combats?
- Les débutants commencent à porter après environ deux ou trois mois de pratique assidue. Ils seront progressivement initiés au port de l’armure et aux combats sous la supervision des instructeurs.
Est-ce qu’il y a des ceintures?
- Les pratiquants ne portent pas de ceintures. Cependant, un système de grades permet de certifier le niveau des kendokas. Les débutants passent leurs grades kyu pour ensuite continuer avec les grades dan, du 1er dan au 8e dan.
Y a-t-il des katas en kendo?
- Les débutants commencent par les neuf séquences de techniques de base appelées Bokuto ni yoru kendo kihon waza keiko-ho. Ensuite, ils commencent l’apprentissage des katas. Le kendo a dix kata, les Nihon Kendō no Kata. Les katas sont pratiqués à deux, avec des sabres en bois (bokken). Les sabres non tranchants en métal appelés iaïto sont réservés aux pratiquants plus avancés pour des fins de démonstration, principalement.
Pour en savoir plus
- Le kendo sur Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Kendo
- Histoire du kendo (AJKF) : https://www.kendo.or.jp/en/knowledge/kendo-history/
- Le ki ken tai no ichi : https://angers-kendo-iaido.fr/index.php/2016/09/30/le-kikentai-itchi/